Il n'est point de bonheur sans liberté, ni de liberté sans courage
Périclès

vendredi 4 mars 2011

Charleroi : et les "affairistes" ?

L'ex-bourgmestre de Charleroi Jacques Van Gompel et... 61 autres inculpés, parmi lesquels une kyrielle d'anciens échevins, plusieurs hauts fonctionnaires et des fournisseurs de la première ville de Wallonie en nombre d'habitants, seront-ils bientôt renvoyés devant un tribunal ? On le saura à partir du mois de juin. Un méga-procès suivra ensuite, à l'issue duquel on saura pourquoi et comment le fonctionnement de la Métropole a pu être vicié pendant autant d'années. La justice fait patiemment son petit bout de chemin, et ce dans des délais très raisonnables. Pour rappel, les médiatisés Claude Despiegeleer (chaudière de Carcassonne et société d'habitations sociales La Carolorégienne) et Lucien Cariat (intercommunale de déchets ICDI) ont déjà été jugés et condamnés. Cinq bonnes années après le début des "affaires", plusieurs verdicts sont tombés ou s'apprêtent à l'être. Un timing serré quand on sait que les grandes affaires financières ou fiscales patinent le plus souvent durant dix à quinze ans, avant la conclusion en eau de boudin que représente le "dépassement du délai raisonnable". C'est plutôt rassurant en termes de santé démocratique. D'aucuns ne promettaient-ils pas à la justice carolo un redoutable enlisement ?
Mais il y a un bémol... Pourquoi n'entend-t-on plus parler des dossiers les plus lourds, impliquant des milieux affairistes bien organisés ? Des hommes d'affaires ont été poursuivis ou inculpés, ainsi qu'un ancien leader politique de premier plan. Pour corruption, ce qui n'est pas rien. Un exemple parmi d'autres : où en est-on dans le fameux dossier des fonds de pension, où des escrocs ont été pincés et des commissions secrètes retrouvées dans des paradis fiscaux ? De l'argent public... Connaîtra-t-on un jour la vérité judiciaire sur ces affaires survolant de très haut la strate des petits échevins malhonnêtes ? Question subsidiaire : quand les médias relâchent l'attention, la justice ralentirait-elle inconsciemment la cadence ?

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